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Le développement et l'utilisation
des nouvelles infrastructures de communication numériques sont en passe
de devenir l'un des enjeux du troisième millénaire. Aujourd'hui, sous
l'impulsion de nouvelles technologies telles que le multimédia et le réseau
Internet, on assiste à une véritable mutation du secteur de la distribution,
à une modification des modes de commercialisation et une évolution des
rapports entre l'Etat et les citoyens et entreprises. A cet égard, le
succès d'Internet, qualifié de " réseau des réseaux " attise déjà la convoitise
de nombreux opérateurs économiques qui y voient un nouveau marché aux
débouchés commerciaux importants.
Le caractère très particulier de ce
nouveau mode de commercialisation suscite cependant, un certain nombre
de questions et de préoccupations d'ordre juridique. L'essor rapide de
ces échanges à partir d'un ordinateur, le succès du réseau informatique
ouvert " Internet ", et vraisemblablement, celui d'autres réseaux à venir,
plaident pour que des principes de fonctionnement soient dégagés prioritairement.
En effet, les échanges électroniques
impliquent une dématérialisation totale des relations entre les différents
acteurs économiques (banques, commerçants, sociétés, prestataires de services,
Etats et citoyens). On peut d'autre part relever que les messages électroniques
se substituent désormais fréquemment aux documents sur support papier.
Ce processus donne lieu à de multiples interrogations sur le statut juridique
des messages électronique. Lorsque la loi exige un écrit, peuvent-ils
satisfaire à cette obligation ? Ces messages sont-ils dotés d'une valeur
probante ? Toutes signatures électroniques peuvent-elles conférer à un
message électronique une valeur juridique ?
Sous l'impulsion de la directive 1999/93/CE
du 13 décembre 1999, l'ensemble des législations des pays membres de l'Union
européenne dispose aujourd'hui d'un encadrement juridique de la preuve
électronique. L'harmonisation de ces règles nationales souhaitée par la
directive est-elle affirmée en pratique ? L'ensemble de ces pays reconnaissent-t-ils
la même valeur juridique aux mêmes procédés de signatures électroniques
? Quand est-il de la signature des personnes morales ? Des actes authentiques
électroniques ? Des modalités d'accréditation des prestataires de service
de certification ? Ne va-t-on pas aboutir à une concurrence des normes
?
La question est encore plus aiguë
avec certains pays comme les Etats-unis ou le Canada qui ont adopté une
approche sensiblement différente de celle préconisée par la directive
européenne et pis encore, ceux dont les exigences légales s'accommodent
tout simplement mal à l'informatique.
Il apparaît sans conteste que cette
dématérialisation des échanges bouleverse les données fondamentales du
droit de la preuve. Les communications électroniques sont conditionnées
par une sécurisation complète des échanges et différents impératifs doivent
à cette fin être satisfaits.
On peut cependant penser que l'emploi
de cette signature se généralisera en raison de sa capacité à remplir,
dans le contexte électronique les fonctions traditionnellement requises
de la signature manuscrite. De façon traditionnelle ces fonctions tiennent
en France à l'identification du signataire et l'approbation de celui-ci
au contenu de l'acte. Nul doute qu'en raison des impératifs de sécurité
et d'intégrité des données ces fonctions ont été amenées à se développer.
Il semble, en tout état de cause,
que l'objectif à satisfaire est bien celui d'une sécurité optimale des
transactions en ligne. En toute hypothèse, même si aujourd'hui le cadre
légal paraît bien assis, un sérieux approfondissement des concepts reste
nécessaire.
Sofian AZZABI
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