Le Monde arabe et la Société de l'Information
Tunis, 4 - 8 mai 1997
Le colloque sur "
le Monde arabe et la Société de l'information ", réalisé a l'initiative de l'Organisation
des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture, et de l'Union
internationale des Télécommunications a été accueilli et soutenu par le Gouvernement
tunisien. Il a permis à plus de 200 participants de 32 pays, de faire le point
sur le développement des autoroutes de l'information dans la région, leurs implications
sur la société de l'information et de dessiner les contours d'une coopération
régionale.
L'ouverture s'est déroulée sous l'égide de Monsieur Friaa, Ministre des Communications,
qui, dans son allocution, a rappelé l'importance des autoroutes de l'information
qui ont engendré des mutations techniques, scientifiques, économiques, sociales
et culturelles qui nécessitent désormais, des efforts importants, en matière
de développement de services à valeur ajoutée et donc de recherche et de formation.
Rappelant que RAITNET devait tenir sa première assemblée générale au lendemain
du colloque, il a indiqué qu'un tel réseau de coopération entre pays arabes
devrait être appelé à devenir un vecteur important de développement.
Monsieur Yushkiavitshus, Directeur général adjoint pour la Communication, l'information
et l'informatique, après avoir remercié, au nom du Directeur générale de l'UNESCO
et en son nom propre, les autorités tunisiennes pour leur accueil de ce colloque,
a souligné l'importance, des contenants et des contenus dans la notion d'autoroute
de l'information et des services. L'information, et tout comme elle, les technologies
de l'information et de la communication sont devenues à la fois un outil stratégique
du développement et de la diffusion des connaissances, et un domaine d'activités
et de connaissances en soi. Emportés dans la mondialisation, les pays en développement
sont pris dans la dualité entre consommateur et producteur d'information et
de services. Un enjeux majeurs des prochaines années est que ceux-ci puissent
sortir de cette dualité pour devenir eux-mêmes producteurs d'information et
de services et non plus seulement consommateurs. Malgré l'extrême rapidité et
la profondeur des changements, les perspectives pour les pays en développement
restent néanmoins ouvertes. En effet, dans les domaines de l'information, de
la communication et des services, les ressources humaines sont fondamentales
et donc la formation, les transferts de connaissances et de savoir-faire, les
services à distance constituent des domaines d'activités à même de contribuer
à leur développement et à la création d'activités et d'emplois. Ces domaine
sont très complexes car interviennent de nombreux paramètres et cette complexité
nécessite une réelle coopération et une réflexion en profondeur, non seulement
sur les aspects techniques et économiques des autoroutes de l'information, mais
également sur leurs implications sur l'ensemble des facettes de la société.
C'est ce à quoi l'UNESCO s'attache en suscitant des colloques tels que celui-ci
ou le premier congrès mondial Info-éthique et en apportant son appui à des initiatives
telles que le Réseau Arabe pour les technologies de l'information (RAITNET).
Monsieur Laouyanne, Directeur du Bureau du développement des Télécommunications
(UIT) a remercié la Tunisie d'avoir accueilli le colloque et les organisations
internationales, régionales et nationales pour le support qu'elle a apporté
à sa réalisation. Il a abordé les grands problèmes posés par le développement
des communications dans le monde en soulignant leurs aspects multiples et pluridisciplinaires.
Les questions relatives aux infrastructures des télécommunications sont celles
qui viennent les premières à l'esprit et pour lesquelles les réponses sont peut-être
les plus fournies. Cependant, le développement de la société de l'information
est de loin plus complexe car il ne se limite pas aux seuls problèmes des télécommunications,
mais également aux questions liées aux infostructures, c'est-à-dire aux contenus
et aux services ainsi qu'aux questions réglementaires, de contrôle et d'éthique.
Un certains nombre de grands pays industrialisés ou de communautés de pays industrialisés
tels que les USA, la CEE, le Japon, la République de Corée, ont engagé réflexion
et action dans le domaine des infostructures afin de mieux appréhender leur
problématique et en maîtriser leur développement. Monsieur Laouyanne a alors
suggéré, qu'à l'instar des principaux acteurs dans ce domaine, le Monde arabe
conçoive et mette en place un plan directeur pour le développement de l'info-communication
dans la région tenant compte des aspects culturels et linguistiques qui lui
sont liés, afin de faire face à cette extraordinaire montée en puissance des
acteurs produisant et traitant de l'information. Ce contexte est caractérisé
par la rapidité des changements, l'ampleur et la complexité des phénomènes et
de nombreux déséquilibres. Dans ces conditions, les risques d'uniformisation
et d'acculturation sont nombreux. De là découle la nécessité d'une forte implication
de tous les acteurs, organisations internationales, régionales, nationales et
il y a lieu d'attacher une attention toute particulière à ces aspects dont les
effets peuvent se révéler à long terme.
Les problèmes socio-culturels posés par les technologies de l'information et
de la communication dans la société, sont particulièrement complexes du fait
qu'il se posent, d'une part, dans des sociétés multi-culturelles aux systèmes
linguistiques multiples, et d'autre part, dans un monde où les phénomènes tendent
à devenir globaux et donc impliquant des flux de biens, de personnes, de masses
d'argent chaque jours plus complexes et plus denses. La problématique qu'ils
révèlent touche de très nombreux paramètres de la société et de nombreux facteurs
de remise en question de celle-ci, rendant nécessaire une approche pluridisciplinaire
et multi-factorielle : technique et scientifique, économique, sociale et culturelle.
Les technologies de l'information et de la communication offrent un éventail
de services chaque jour plus ouvert mais en contre partie, remettent en question
les structures d'échanges entre partenaires, les conditions de production et
de diffusion des produits, les conditions de travail dans les entreprises et
les administrations et, en conséquence, mettent en question les équilibres traditionnels.
Les relations entre personnes et groupes sont modifiés et peuvent prendre parfois
des tournures paradoxales. Communique-t-on aujourd'hui réellement plus qu'auparavant
et la qualité de la communication a-t-elle réellement été améliorée par la diffusion
massive des outils de communication ? Il est vrai que les informations traversent
actuellement le monde avec une rapidité difficilement concevable il y a quelques
décennies, ce qui est un facteur incontestable de connaissance mutuelle des
peuples mais également de remise en cause des modes de pensée et d'organisation
auxquels nous sommes habitués et également d'uniformisation et donc d'acculturation.
L'ensemble du tissus économique et social est concerné, aussi bien les corps
constitués que les groupes et les personnes ce qui implique réflexion et action
alliant à la fois court et long termes concernant, non seulement les aspects
structurels, opérationnels et techniques des autoroutes de l'information, mais
également les aspects et leurs effets sur le plan économique, social et culturel.
Sur ces différents plans, le monde arabe présente une grande variété de situations
et notamment en matière de télématique. Cependant, on peut constater que la
société de l'information dans la région est en cours de transformation et que
de nombreux efforts sont déployés pour en assurer un développement harmonieux
tant sur le plan des infrastructures que sur celui des info-structures. Ainsi,
des services et d'informations culturelles sont en cours d'élaboration et de
mise en place, avec la maîtrise d'oeuvre de RITSEC (Egypte), ou le réseau OICIS-Net
déployé par la Banque Islamique de Développement qui couvre plus de cinquante
pays islamiques dont tous les pays arabes, peut constituer une base extrêmement
solide à une politique régionale en faveur des autoroutes de l'information.
De même, l'UNESCO a engagé réflexion et action en vue de promouvoir et développer
les contenus, en particulier, au travers du domaine public, et les ressources
humaines, au travers des bibliothèques, des laboratoires, des universités virtuels
et de programmes tels que la " Mémoire du Monde ". L'UNESCO s'est résolument
engagé dans une réflexion sur les questions d'éthique soulevées par les autoroutes
de l'information et le développement et la diffusion des technologies de l'information
et de la communication. Ainsi elle a organisé le premier congrès mondial InfoEthique
(10 - 12 mars 1997) et en prépare un deuxième.
Dans leurs interventions introductives, les conférenciers invités ont esquissé
les lignes conductrices qui ont amené à définir les quatre thèmes du colloque,
ayant fait l'objet de quatre sessions parallèles :
- de la télématique à la puissance du savoir,
- de la télématique à une société de la culture, du tourisme et du loisir,
- de la télématique à la vie et au cadre de vie : la santé et l'environnement,
- de la télématique à la décentralisation de l'économie.
Les interventions qui ont suivies ont mis l'accent sur le rôle primordial que
joueraient les télécommunications dans le cheminement vers la société informationnelle
et ont identifié un certain nombre de défis à relever et des stratégies à adopter
afin afin qu'elles soient à même à contribuer activement dans la mise en forme
et l'aboutissement de ce projet si générique qu'est " la Société de l'Information
", société où les frontières s'estompent cédant la place à l'efficience et à la
compétitivité seules garantes de survie.
Dans ce cadre précis des haute performance, les télécommunications jouent un
rôle capital de par leurs spécificités :
- Elles constituent d'une part un secteur distinct, comportant ses propres
règles de jeu dont notamment la dimension liée aux monopoles.
- D'autre part, elles constituent un axe porteur de l'ensemble de l'économique.
Ces deux aspects des télécommunications amènent à s'interroger et à poser notamment
les questions suivantes :
- Quelles stratégies adopter dans le futur pour le développement des réseaux
de télécommunication ?
- Quelles réglementation promouvoir pour que les télécommunications contribuent
efficacement à l'ouverture et à la préservation des intérêts des pays arabes
dont un certain nombre sont en développement ?
- Quelles initiatives et actions pourrait-on entreprendre et dans quelles
politiques pourrait-on s'engager pour éviter que le développement des nouvelles
technologies ne creusent plus encore les écarts dans la région ?
C'est pour répondre à ces questions et à toutes celles soulevées dans d'autres
enceintes et proposer des lignes d'action que les participants ont poursuivi leurs
réflexions plus en détail au cours des sessions parallèles faisant l'objet d'un
thème spécifique.
Les domaines de la formation, de l'enseignement et de la recherche sont l'objet
de nombreuses applications des technologies de l'information et de la communication
tant pour les actions de formation et de recherche elles-mêmes que pour les aides
qu'elles peuvent apporter aux processus global de formation. Des solutions technologiques
existent permettant d'intervenir dans les processus de formation locaux ou à distance
qui ont fait l'objet de plusieurs exposés. A été présenté un projet de coopération
entre le Centre national des études en télécommunication (CNET - France) et l'IRSIT
(Tunisie) en vue d'intégrer la Tunisie comme partenaire au développement de systèmes
de télé-enseignement fondé sur les technologies de l'Internet. L'UNESCO est associée
à ce projet en vue de développer des contenus et son élargissement dans un cadre
régional et de coopération Sud-Sud. Un exposé a été fait par l'ENIM (Ecole nationale
d'ingénieurs de Monastir - Tunisie) sur un système de télé-enseignement multimédia
pour les universités associant la Tunisie, le Maroc, le Cameroun, la Belgique
et la France. RAITNET pourrait être un vecteur d'une telle coopération. Dans ce
contexte coopératif, RITSEC (Egypte) a présenté un projet " d'Institut arabe virtuel
des technologies de l'information ".
Plusieurs communications ont retracé, de manière synthétique, un bilan des
avantages et des risques représentés par les technologies de l'information et
des communications pour l'enseignement et la formation. Parmi les avantages
évoqués, en particulier par l'IFIP, on peut citer, la flexibilité, la possibilité
d'abolir les distances, la possibilité de redonner le goût d'apprendre, l'élargissement
de l'offre en formation, une meilleure insertion dans le cadre professionnel
et personnel. Toutefois, un certain nombre de problèmes ne sont pas totalement
résolus, en particulier, en ce qui concerne le rôle de ces technologies au sein
des processus de formation et sur le plan pédagogique, les aspects culturels
et linguistiques, de même que celles liés à la reconnaissance et à la validation
des formations, et à l'appropriation, à la fois par les formateurs et par les
personnes formées. Les applications dans le domaine de la formation initiale
et permanente sont nombreuses et peuvent contribuer à la rénovation des programmes
et de méthodes d'enseignement et de formation. Elles facilitent également la
production de supports classiques (livres, documents, etc.) qui resteront toujours
nécessaires ainsi que la gestion des système de formation et d'éducation.
Le Monde arabe devrait pousser plus en avant une réflexion sur cette problématique
dans laquelle les universités devraient jouer un rôle moteur, à condition, toutefois,
qu'elles puissent facilement avoir accès aux réseaux internationaux et participer
ainsi aux échanges, aux recherches aux actions sur ces questions. Les organisations
internationales, l'UNESCO en particulier, devraient renforcer leur actions dans
ces domaines.
Le domaine des bibliothèques électroniques ou virtuelles est un domaine extrêmement
vivant et actif couvrant un ensemble diversifié de domaines d'activités, recherche
& développement, numérisation et sauvegarde du patrimoine documentaire, bases
de données et systèmes d'information. Plusieurs orateurs ont souligné comme essentielles
les questions de numérisation et d'accès au collections enregistrées. C'est le
cas, en effet, du programme " Mémoire du Monde " lancé il y cinq ans par l'UNESCO,
afin de faire face à la dégradation du patrimoine documentaire mondial due aux
conditions physiques de conservation. La numérisation favorise l'accès tout en
épargnant les originaux. Une participation plus active de pays arabes contribuera
à la sauvegarde et au rayonnement de la mémoire documentaire du monde arabe. C'est
également le cas de la politique de numérisation de la Bibliothèque Nationale
de France qui a entrepris un vaste programme de numérisation de ses documents.
Un modèle de bibliothèque virtuelle a été présenté par le CERIST (Algérie) qui
pour objectif la création d'un réseau de bibliothèques fondé sur les standards
ouverts, ainsi que le système OMNIS développé par l'Université technique de Munich.
Concernant la diffusion, plusieurs technologies existent comme le montre le
projet "Musée virtuel régional arabe" développé par RITSEC (Egypte), qui a pour
objet une meilleure connaissance mutuelle des pays arabes entre eux. Ceci se
fait par la diffusion d'informations sur les musées et leurs collections au
moyen de CD-ROM en particulier et de liens logiques entre sites Web développés
dans la région. Ces technologies et modes d'enregistrements des données doivent
tenir compte des spécificités culturelles et linguistiques des régions où elles
sont utilisées. Il convient alors d'encourager d'avantage le développement de
système multilingues où les techniques de la reconnaissance de l'écriture joue
un rôle important. Dans ce cadre, l'université d'Annaba (Algérie) a présenté
un système hybride de reconnaissance de l'arabe manuscrit utilisant un réseau
de neurones formels.
Le développement des infrastructures et des infostructures n'est pas une fin
en soit, mais un ensemble de moyens efficaces à la création d'activités et d'emplois
sur place. Cependant, cela nécessite, une appropriation des technologies de
l'information et de la communication par l'ensemble du tissus social et donc
une réflexion sur l'aménagement du territoire et le redéploiement régional des
ressources, l'établissement de nouveaux partenariats et la valorisation des
potentialités locales par l'offre de télé-services, et le développement d'expertise.
Ces développements représentent une véritable mutation de la société, sa mise
en question, voire même une certaine déstabilisation. Les processus de production
de l'information et de son appréhension par le public et le monde professionnel
sont renouvelés et les nouvelles technologies de l'information et de la communication
viennent se rajouter aux technologies actuelles qui ont été, en leur temps,
l'occasion, également de mutations. Il est alors nécessaire d'accompagner cette
nouvelle mutation afin qu'elle ne soit pas seulement subie mais au contraire
maîtrisée et pour véritablement préparer la société de l'information.
Dans le domaine des applications des technologies de l'information et de la
communication, les orateurs ont concentré leurs exposés sur la télé-médecine.
Cette discipline n'est plus expérimentale et de manière générale n'est pas considérée
comme superflue car les nouvelles pratiques médicales en montrent l'utilité.
Elle recouvre différents axes dont certains ont fait l'objet d'une attention
plus particulière, qui sont la télé-consultation et le télé-diagnostique, la
télé-formation. Dans les pays en développement ou émergents, les besoins en
soins médicaux sont considérables et certaines applications pourraient répondre
à certaines demandes. Toutefois, elles nécessitent des investissements importants
et engendre des coûts de fonctionnement également importants, tout à la fois
sur le plan des équipements, des infrastructures, des ressources humaines. Certains
projets réalisés en Europe et dans le Monde arabe ont été cités qui pourraient
servir de point de départ à une réflexion régionale sur une politique de développement
de la télé-médecine et des techniques de l'information pour la médecine dans
le Monde arabe. Une telle réflexion ne devrait pas aboutir à un transfert pur
et simple de ces technologies des pays industrialisés vers les pays en développement
mais à une réelle prise en compte des spécificités et des contraintes.
Quelques communications ont porté sur les applications à l'environnement et
le développement de systèmes d'information géographiques. Ces applications sont
destinées à fournir des informations sur les configurations et les ressources,
et d'autre part, à apporter des aides à la prise de décision, par exemple, pour
la prévention de situations critiques en matière d'environnement, ou pour répondre
à des situations de crise. Des exemples de bases de données environnementales,
systèmes d'information à distance et d'aide à la décision, ont été présentés.
RAITNET pourrait être un lieu d'analyse, de discussion ainsi que d'action pour
promouvoir l'utilisation des technologies de l'information dans les domaines
de la santé et de l'environnement, avec l'appui des organisations internationales.
L'économie vie actuellement une profonde mutation dont l'un des agent en est
l'actuel développement des technologies de l'information et de la communication
qui abolissent non seulement les distances, mais également les barrières douanières
et les frontières. Ces technologies ont bouleversé les structures du marché
en bousculant les circuits traditionnels d'échange d'information. Le commerce
électronique crée aujourd'hui, de nouveaux réseaux de distributions, de produits
et de services ainsi qu'une nouvelle perception des partenaires économiques.
Dans ce contexte extrêmement mouvant et rapide, de nombreux défis sont à relever,
parmi eux, l'établissement d'une solide société de l'information fondée sur
les efforts conjoints des secteurs public et privé, le développement de services
multilingues utilisant la langue arabe, la définition de législations prenant
en compte la protection des droits d'auteurs, le développement des infrastructures
et des dispositifs garantissant la sécurité de fonctionnement et la confidentialité
des informations.
Dans ces conditions, les PME en particulier, doivent s'adapter à l'usage des
nouvelles technologies au risque de périr, car celles-ci offrent d'incontestables
possibilités en matière de compétitivité, de flexibilité et d'adaptation aux
besoins du marché, de conquête de nouveaux marchés et de positionnement par
rapport à la concurrence.
Il y a alors lieu de susciter, au sein du Monde arabe une concertation en vue
de créer des systèmes d'information favorisant les échanges entre pays, de déployer
des efforts en communs, d'adapter les cursus universitaires et les diplômes
en la matière, et développer la connectivité et la sécurité de fonctionnement.
L'ensembles des orateurs ont orienté leurs exposés vers le thème de la coopération,
que celle-ci soit nationale, régionale ou internationale. Les intervenants ont
donné un panorama de leurs politiques et stratégie de coopération en matière
de technologie de l'information et de la communication. La conjugaison des efforts
dans un cadre coopératif devrait permettre aux pays les moins développés de
la région de bénéficier, au même titre que les autres, des bénéfices des nouvelles
technologies de l'informations et de la communication, en particulier, dans
le domaine de l'éducation. Conscient des possibilités financières limitées et
des priorités de ces pays en matière sociale, de santé, etc., plusieurs intervenants
ont fait état au recours possible à des modalités fondées sur des centres communautaires
offrant des services télématiques. Ces dispositions provisoires devraient permettre
le désenclavement de ces pays et leur rapprochement aux autres pays de la région
à travers, en particulier de RAITNET et de OICIS-Net.
De nombreuses idées de projets ont été émises au cours des présentation et
des discussions dont les principaux thèmes sont les suivants :
- Rapprochement entre RAITNET et OICIS-Net et connectivité,
- Développement de bases de données et de services multilingues pour la formation
et l'éducation, le développement des échanges commerciaux,
- Commerce électronique
- Développement d'information et d'outils d'accès et de diffusion multilingues,
- Promotion de téléactivités : télé-information, télé-enseignement, télé-médecine,
télé-travail, etc.
- Universités virtuelles : travail de groupe, télé-réunions, télé-conférences,
partages de données,
- Réseaux de bibliothèques virtuelles, notamment autours du bassin méditerranéen
Les participants ont lancé un appel à l'ensemble des organisations internationales
et régionales de coopération, en particulier, celles ayant participé au colloque,
à apporter leur soutien à la formulation et la mise en oeuvre de projets dans
ces thèmes. Le Comité de RAITNET pourrait agir auprès des différentes organisations
en vue de formuler et proposer des projets. En particulier, vue l'avancement des
travaux d'OICIS-Net, il est recommandé d'apporter un soutien aux efforts déployés
par la Banque islamique de développement et encourager l'utilisation d'OICIS-Net
comme moyen d'échange d'information entre les institutions de la région. Une collaboration
entre RAITNET et OICIS-Net permettrait d'optimiser les moyens et de conjuguer
les efforts pour une plus grande efficacité. Cela est d'autant plus important
qu'OICIS-Net constitue un pont entre les pays d'Asie, d'Afrique et de la Région
arabe.
En vue de promouvoir la pleine participation des Etats arabes à la société
de l'information, les participants au colloque en ont appelé aux différents
acteurs de la coopération internationale et régionale, et aux Etats arabes afin
que, dans leurs activités, ils prennent en considération les points suivants
:
- les Etats arabes mettent en place les structures horizontales adéquates
sur le plan national pour définir la politique et les stratégies nationales
favorisant le développement de la société de l'information et pour coordonner
leur mise en oeuvre. Afin de faciliter la coordination aux niveaux national
et régional, un mécanisme d'échange d'information sera mis en place sur Internet.
- Afin de promouvoir la langue arabe et le patrimoine culturel de la région,
les pays arabes devraient développer conjointement les outils nécessaires
à l'exploitation de l'Internet en arabe, encourager le développement de
contenus spécifiques à la région et encourager l'utilisation d'une terminologie
arabe telle que définie par les différentes institutions ad hoc.
- Les pays de la région devraient accélérer le développement des infrastructures
nationales et régionales afin d'accroître la densité téléphonique en utilisant,
chaque fois que possible, les nouvelles technologies et mettre en oeuvre
les réformes politiques et réglementaires requises, y compris la baisse
des tarifs de manière à mettre les nouveaux services multimédia à la portée
du plus grand nombre.
- Les pays de la région devraient mener une politique active visant au
développement du domaine publique de l'information et à l'accès à cette
information. Ce domaine comprendra le patrimoine des bibliothèques et
des archives, l'information gouvernementale et l'information produite
par le secteur académique et la recherche.
- Des projets multilatéraux devraient être mis en place dans les domaines
d'applications prioritaires suivants : télé-enseignement, communautés
virtuelles d'apprentissage, laboratoires virtuels, télé-médecine.
- Les Etats arabes et leurs partenaires internationaux devraient fournir
un effort particulier pour développer les ressources humaines dans le
domaine des technologies de l'information et de la communication.
- l'UNESCO, l'UIT, le PNUD et toutes les autres organisations internationales
et régionales concernées devraient mettre en place un mécanisme en vue
de coordonner leur action dans le domaine du développement de la société
de l'information, ceci afin de mettre en commun les moyens disponibles
et d'éviter la duplication des efforts.
Source : Unesco