Cryptographie : Les sénateurs donnent leur aval aux mesures antiterroristes du gouvernement.
Vendredi, 19 Octobre 2001, par Sofian AZZABI
Subject : une
Résumé :
Aux termes du projet de loi français sur la sécurité quotidienne, les juges devraient bénéficier de moyens élargis pour détecter l'utilisation à des fins criminelles des nouvelles technologies de la communication, en particulier des réseaux numériques et de l'Internet. Sera ainsi autorisée la mise à la disposition des juges de données techniques permettant le "déchiffrement" de communications cryptées.
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Cryptographie : Les sénateurs donnent leur aval aux mesures antiterroristes
du gouvernement.
Aux termes du projet de loi français sur la sécurité quotidienne, les juges
devraient bénéficier de moyens élargis pour détecter l'utilisation à des fins
criminelles des nouvelles technologies de la communication, en particulier des
réseaux numériques et de l'Internet. Sera ainsi autorisée la mise à la disposition
des juges de données techniques permettant le "déchiffrement" de communications
cryptées.
Au lendemain des attentats du 11 septembre, diverses mesures destinées à "renforcer
la lutte contre le terrorisme" ont été élaborées le gouvernement puis adoptées
mercredi
10 octobre par la commission des lois du Sénat. (Ce texte
était, bien avant les événements du 11septembre, entre les mains du Sénat. Mais
il a été augmenté des nouvelles mesures antiterroristes). Les députés
n'auront plus qu'à confirmer le vote de leurs collègues du Palais du Luxembourg
lors de l'ultime examen du projet de loi, à l'Assemblée Nationale, le 31 octobre.
Le gouvernement avait présenté trois amendements extraits des dispositions
du projet
de loi sur la société de l'information (PLSI). Ces amendements qui ont été
voté par le Sénat concernent :
En principe, Les opérateurs de télécommunications, et notamment ceux mentionnés
à l'article 43-7 de la loi du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication,
sont tenus d'effacer ou de rendre anonyme toute donnée relative à une communication
dès que celle-ci est achevée.
Cependant, ces opérations tendant à effacer ou à rendre anonymes certaines
catégories de données techniques pourront être différées
pendant un an pour permettre la mise à disposition de l'autorité judiciaire
d'informations. Ce sont les articles 14 et 16 du PLSI
qui ont été intégrés au projet de loi sur la sécurité quotidienne.
- Mise au clair des données chiffrées nécessaires à la manifestation de
la vérité (Amendement
n° 10) :
Le
procureur de la République, la juridiction d'instruction ou la juridiction de
jugement saisie d'une affaire peut désigner toute personne physique ou morale
qualifiée, en vue d'effectuer les opérations techniques permettant d'obtenir
la version en clair des informations ainsi que, dans le cas où un moyen de cryptologie
a été utilisé, la convention secrète de déchiffrement. Cet amendement reprend
la section 5 du PLSI,
modifiant le code de procédure pénal faisant appel aux "déchiffreurs" de l'État,
même par des moyens "couverts par le secret de la défense nationale". Il est
précisé dans cet amendement que "Les décisions judiciaires prises en application
du présent chapitre n'ont pas de caractère juridictionnel et ne sont susceptibles
d'aucun recours !
- Mise à la disposition de l'autorité judiciaire des moyens
de décryptage (Amendement
n° 11) :
Les fournisseurs de prestations de cryptologie visant à assurer une fonction
de confidentialité seront tenues de remettre aux agents autorisés sur leur demande,
les conventions permettant le déchiffrement des données transformées au moyen
des prestations qu'ils ont fournies. Le fait de ne pas déférer aux demandes
des autorités habilitées sera pénalement sanctionné.
Les mesures gouvernementales sont proposées pour une période provisoire allant
jusqu'au 31 décembre 2003. leur pérennisation éventuelle impliquera nécessairement
une nouvelle intervention du législateur.
Beaucoup redoutent que l'impératif de sécurité ne soit finalement que le prétexte
pour faire passer en force des amendements auxquels les associations de défense
des droits de l'homme et des libertés s'opposent déjà depuis longtemps. Alors,
face à cet état d'exception, faut-il s'aligner à la formule de l'ancien garde
des sceaux, Robert Badinter: "L'Etat de droit, ce n'est pas l'Etat de faiblesse."
? Les avis restent très partagés sur la question.
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